COLibrI Scarlet La culture des idées

COLibrI #1. Un manuel d’autodéfense cyberféministe

COLibrI, c’est pour « Cyberféminisme Ouvert Libre et Illimité ». Chaque lundi, le COLibrI butine dans l’Internette pour dénicher un outil, un site, ou une biographie cyberféministe.

Le collectif de créations de fanzines hispanophones #AkelarreCiberfeminista,  fatigué-e-s de rendre visibles les attaques des trolls, a édité ce très joli manuel d’autodéfense cyberféministe.

Le manuel commence par un article introduisant l’activisme cyberféministe :

Les activistes cyberféministes projettent leurs propres corps dans leurs contenus, et se convertissent en un parterre du féminisme du réseau. (…) Dans un autre sens, il existe d’autres activistes ou collectifs qui utilisent l’anonymat pour verser leurs contenus sans trop exposer leur personne corporelle.(…) Le cyberactivisme est utile parce qu’il favorise la création d’espaces politiques plus horizontaux. En ligne reste le discours, dans les conversations où interviennent les corps il existe beaucoup d’autres éléments qui donnent ou enlèvent du poids et du pouvoir.

S’ensuivent divers articles sur la pornographie, un entretien avec une gameuse, et des recettes. Les membres du collectif expliquent notamment des concepts essentiels de cryptage de données pour se protéger des attaques : utilisation de Signal, Tails, boîtes mail alternatives…Ou des conseils des brujas ciberfeministas (le « witch bloc » virtuel) sur les plus et les moins de l’occupation virtuelle et des conseils en cas d’attaque.

Kit autodéfense cyberféministe Scarlet La culture des idées

Le côté parodie de revue pour femmes est plutôt réussi, notamment avec cette recette pour renverser la tendance trolling et harcèlement :

« 1. Téléchargez une image aliénante
2. Recoupez-la, remixez-la seule ou à plusieurs, partagez-la 
3. Laissez-la se viraliser et contribuez à sa viralisation
4. Participez aux manifs, aux assemblées, et contribuez avec votre nouvel imaginaire.

Que les trolls fassent attention, répondez-leur toujours avec de grandes doses d’humeur et d’intelligence. »

Mais ce qui est encore mieux dans ce manuel d’auto-défense cyberféministe, c’est l’intégration de bots qui répondent automatiquement à des attaques trolls avec des phrases de Virginia Woolf ou avec des mèmes féministes. Pour l’instant, le code est en test et le collectif qui l’essaye n’a pas divulgué son contenu (en page 47 du manuel, vous pouvez lire dans le code le manifeste cyberféministe, par exemple).

Elles.Ils insistent sur le fait de faire collectif. Lorsqu’Andrea Momoitio s’exprime au sujet d’une attaque similaire à l’affaire Nadia Daam [1], elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de trolls, mais « de groupes machistes organisés avec une idée de fond, des objectifs et des espaces web, comme nous« . [2] Il s’agit de faire preuve de sororité virtuelle en ce temps d’attaques réitérées malintentionnées. Répondre avec intelligence, certes, mais surtout de faire bloc commun devant les violences virtuelles.

A quand une traduction ?

A.D.

Sources :

[1] « Cas de Nadia Daam : le cyber-harcèlement, un moyen de pression de plus en plus utilisé pour faire taire les journalistes« , RSF.

[2] « Manual para defenderte del ciberacoso machista si te atreves a hablar de feminismo en redes« , ElDiario.es.

Le manuel (en espagnol) est  ici sous licence Creative Commons.

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