Eddy de pretto Alex Morin - Scarletpost La culture des idées

La Quinzaine #6 – Les feux de la rampe

Cette semaine, découvrez le top 5 culturel lumineux et illuminé d’Anne-Charlotte !

1. Évelyne de la Chenelière, « Bashir Lazhar »

Bashir Lazhar Evelyne de la Cheneliere - Scarletpost la culture des idées

#théâtre

Bashir Lazhar est une pièce de théâtre d’Évelyne de la Chenelière, dramaturge contemporaine québécoise. Également un monologue cette pièce traite aussi de l’école, mais d’une toute autre manière. Ici, l’école est vue comme un mirage, comme un moyen de s’en sortir et de s’évader. Bashir Lazhar arrive dans une école pour remplacer une institutrice s’étant pendue devant tous les élèves. Bashir a lui même vécu un drame personnel, son passé d’immigrant algérien nous fait comprendre que toute sa famille est morte dans un incendie. Lui, s’étant enfui à Montréal dans l’espoir d’y accueillir sa famille dans des conditions de vie décentes, arrive seul dans ce pays et cette école. Ce personnage est infiniment touchant, insouciant et poétique. Son langage renferme une douceur incomparable. La dramaturge alterne des flash backs dans lesquels Bashir est convoqué devant la Cour d’appel car son statut de réfugié politique est refusé avec des moments les élèves. L’écriture est très ingénieuse et nous dessine le passé et le présent de ce personnage très finement.

2. Eddy de Pretto

#musique

Ma découverte musicale de cette fin d’année a été Eddy de Pretto. Ce jeune français de 21 ans marrie avec brio des influences multiples pour créer un univers ultra original. Il dit avoir baigné dans la culture rap des années 90-2000 avec Diam’s, Sonic et dans la variété française par sa mère avec Nougaro, Barbara et Brel. Une sorte d’ovni musical à la hauteur de Christine and the Queens, son style androgyne, érotique et lancinant m’a beaucoup touchée. Il met l’accent sur le texte qu’il peaufine avec poésie, sur un fond sonore très sobre en abordant entre autres le désir, les déboires et l’homosexualité. Ses clips – Fête de trop et KID – ont pour l’instant beaucoup éveillé mon intérêt avec leur esthétique pop et glacée, aux accents lyriques. En espérant qu’il tienne cette esthétique encore longtemps !

3. Lars Noren, « Le 20 novembre »

#théâtre

Le 20 novembre est une pièce de théâtre écrite par Lars Norén en 2007 qui m’a profondément bouleversée. Très courte et incisive, l’histoire se déroule dans un seul lieu et il s’agit d’un monologue. Sebastian, un jeune homme de 18 ans annonce qu’il concocte une fusillade dans une école allemande depuis longtemps et qu’il va se mettre à l’œuvre dans une heure. Le style est très brutal, très violent et tranchant. Sebastian hurle sa rage au lecteur, il crie son mal-être qu’il contient depuis son plus jeune âge. Son dégoût de la société de consommation capitaliste entrainant une perte de repères fiables motive en grande partie son acte inhumain. Il raconte que l’école est l’institution symbolique de cette société en perdition : à l’école, chaque enfant doit avoir un tee-shirt avec un logo visible de tous d’une grande marque américaine, les élèves sont sans compromis avec les marginaux. Ayant souffert de cette ségrégation culturelle et symbolique, Sebastian promet de détruire ce symbole par un geste gratuit d’une violence sans comparaison. Lars Norén ne prend pas le part de nous livrer la folie de ce garçon, il relate son cheminement mental qui nous parait presque rationnel. C’est effrayant, glauque mais haletant !

4. Dix pour cent

Dix pour cent Camille Cotin Scarletpot la culture des idées

#série

Si vous voulez découvrir les coulisses de l’industrie du cinéma, cette série est pile poil dans le sujet. Dans un cadre parisien, nous suivons attentivement quatre agents d’acteurs de cinéma et leurs assistants respectifs au fil de leurs succès et déboires. Nous rencontrons des agents aussi bien féroces, épuisés et sans pitié que touchants, attendrissants et terriblement drôles. La série nous emporte dans une agence de production où les agents doivent se battre corps et âmes pour décrocher des contrats à leurs clients, soumis à la concurrence sans faille de ce milieu et aux comportements capricieux des acteurs. Il y a pour l’instant deux saisons à visionner, avec une petite surprise par épisode !

5. Pina Bausch, « Le Sacre du Printemps »

Le Sacre du Printemps - Pina Baush Scarletpost La cultures des idées

#spectacle

J’ai eu la chance d’assister à une représentation d’un spectacle sublime, « Le Sacre du Printemps » de Pina Bausch. Celui-ci a été créé en 1975 pour 34 danseurs. Dans sa mise en scène, la chorégraphe allemande choisit de placer ses interprètes sur un carré de terre brune, qui vient teinter leurs vêtements translucides de marques sauvages. Son credo parait être le groupe et l’exclusion : un danseur s’exile puis vient finalement se refondre dans la puissance du collectif. Tout au long du spectacle, les danseurs s’animent au rythme de la musique stridente de Stravinsky. L’effet est incroyable, on assiste à un chœur dansant et vibrant, on ne peut plus fermer la bouche d’admiration. La grâce des femmes leur permet de s’élever telles des plumes sur les épaules des hommes. Des tableaux magnifiques, rythmiques et puissants se succèdent.

Anne-Charlotte.

Crédits image :

  • @Axel Romain – Eddy de Pretto
  • Bashir Lazhar
  • France Télévisions – Dix pour cent
  • Pina Bausch
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